
Voici le premier album, le saut dans le grand bain pour un artiste de la nouvelle génération. Et pas des moindres, car il s’agit du très attendu Kid Cudi auteur d’un des titres de l’année Day ‘N’ Nite et le remix des Crookers notamment qui a enflammé les dancefloor tout au long de cette année 2009.
Kid Cudi c’est un artiste à la fois simple et compliqué. Simple dans sa musique et ses paroles. Compliqué car monsieur a voulu arrêter la musique avant même de commencer. En effet, face au succès de son single Day N Nite, il s’est dit qu’il avait amassé suffisamment d’argent pour payer une maison à sa môman et qu’il pouvait s’en tenir là. Quelle déception à l’époque (mais peut-être n’était-ce que du buzz après tout). Toujours est il que son premier album est bien dans les bacs sous le label G.O.O.D. Music.
Le second single est très justement une production de Kanye West, accessoirement le patron de G.O.O.D. Music comme certains le savent. Il s’agit de Make Her Say qui sample le tube planétaire (qu’on aime ou pas) de Lady Gaga, Poker Face en décomposant le refrain et en lui faisant dire Poke Her Face. Subtil n’est-il pas ? La recette semble fonctionner ! Kanye West a compris qu’en samplant des tubes contemporains on pouvait surfer sur des vagues contemporaines, et d’une très belle façon. Après Swagga Like Us de T.I. (avec Weezy, Kanye et Jay-Z en featuring) qui samplait Paper Planes de M.I.A. et Brooklyn Go Hard de Jay-Z qui samplait Santogold, on ne peut qu’admirer ses talents de producteurs.
Cudi rend ainsi justice au génie de Kanye en nous faisant le plaisir d’un flow oscillant entre chant et rap. Et celui-ci semble chanter un peu plus juste que son mentor ! Pas d’auto-tune dans les parages, c’est un vrai soulagement.
L’orientation de l’album nous rappelle par moments le dernier album de Kanye West, par son atmosphère électronique, très aérienne, spatiale. A l’image du titre de l’album me direz-vous. Cet album est décomposé en plusieurs actes et une histoire nous est contée par Common, pour ceux qui ne l’auraient pas reconnus. Le point d’ancrage de l’album semble être l’électronique. Avec la présence de groupes comme MGMT ou Ratatat, la porte s’ouvre à la pop, au rock et à la musique électronique à la fois. C’est donc un grand melting pot des genres que nous offre le Kid from Cleveland. Il s’agit bien de donner un nouveau souffle au hip hop, plus ouvert sur l’électro mais d’une façon un peu plus subtile et résolument plus cool.
Parce qu’il est cool Kudi, et qu’on aime sa musique qui est bonne. Alors laissez-vous entrainer par ces 5 actes de l’histoire d’un homme qui un jour a approché la Lune.
Bon voyage !


